P1 Instinct, attachement ?

Jeudi 15 novembre de 9h à 12h

  • Langages et temporalités de l’expression « instinct maternel »

De l’instrumentalisation à l’appropriation, entre mythes et réalités.
« Instinct maternel » : des mot encensés ou interdits, qui font réagir, qui suscitent la controverse, le rejet, ou encore qui confortent, qui rassurent… Comment ce concept a-t-il été forgé puis instrumentalisé au cours des derniers siècles, et pour créer quelles attentes normées, entretenir quelles illusions ? Et quelles étaient les fonctions sociales de ces attentes et de ces illusions ? Pourquoi est-il nécessaire de renoncer à utiliser cette expression piégée ? Quel est l’intérêt de sortir de l’illusion des comportements maternels instantanés et automatiques ? Quelles temporalités, quelles individualisations des processus s’ouvrent-elles dès que l’on sort d’une vision stéréotypée du devenir mère ?
D’autre part, qu’est-ce qui, au cours de l’évolution des espèces, fut mis en place pour assurer la survie et le développement du bébé mammifère le plus immature à la naissance et le plus vulnérable ? Et quelles sont les conditions gagnantes pour que ces protections s’expriment au mieux, que ce soit de la part de l’individu-femme qui devient mère ou au niveau de ses proches ou de sa communauté qui accueille et contient ? Existe-t-il des moments clefs, des fenêtres d’opportunité ? Si oui, lesquelles et comment les accompagner ou …tout au moins, ne pas les empêcher de s’exprimer ?
Pourquoi certaines femmes se réapproprient-elles, à titre individuel, l’expression « instinct maternel » ? Pour exprimer quoi de leur parcours, de leur ressentis, de leur assurance ? Qu’ont-elles à nous apprendre ? Qu’avons-nous, comme accompagnants ou soignants de la périnatalité, à entendre au-delà de ces mots ?
Intervenante : Ingrid Bayot, sage-femme, DU en allaitement, formatrice en périnatalité, auteur notamment du livre « le 4e trimestre de la grossesse » Ed. Éres, 2018

  • CAPEDP la suite : intérêts et limites des VAD préventives.

Enseignements de la recherche CAPDP. Comment proposer des interventions à domicile préventives en périnatalité. Efficacité et limites de ce modèle

La recherche-action CAPEDP est la première étude randomisée et contrôlée en prévention périnatale, reposant sur un programme de visites à domicile en France. Elle est inspirée de l’étude pionnière de Olds en 1978 à Elmira, New York (Olds, et al., 1997). Dans l’étude française, 440 familles présentant des risques psychosociaux (isolement, précarité) ont été inclues, dont 218 dans le groupe témoin et 222 qui ont reçu des visites régulières à domicile d’une équipe de neuf psychologues entre le septième mois de grossesse et les deux ans de l’enfant (Tubach, et al., 2012). L’évaluation portait sur l’impact sur la dépression postnatale maternelle, le style d’attachement et la santé mentale de l’enfant du programme de visites à domicile, réalisées par des psychologues spécifiquement formées et proposant un soutien personnalisé. Chaque psychologue intervenant à domicile était supervisée individuellement chaque semaine par l’un des membres de l’équipe de superviseurs eux-mêmes pédopsychiatres ou psychologues travaillant en CMP petite enfance.

Nous présenterons, ici, les résultats de cette recherche (Dugravier et coll., 2013 ; Tereno et coll., 2018) ainsi que les enseignements tirés du travail de supervision (Welniarz et coll., 2016 ; Greacen et coll., 2017). Enfin, nous discuterons des limites de cette recherche et des perspectives nouvelles en réfléchissant aux modes de collaboration entre services de pédopsychiatries et PMI. La recherche PANJO sera présentée et discutée pour illustrer cette collaboration.
Intervenant : Romain Dugravier, pédopsychiatre, chef de service du Centre de psychopathologie périnatale boulevard Brune (CPBB), centre hospitalier Sainte-Anne, GHT Paris Psychiatrie & Neurosciences