ÉNIGMES DE LA DOULEUR ET DU PLAISIR CHEZ LE BÉBÉ … et après

Vendredi 15 et samedi 16 Novembre 2019

La douleur n’a pas bonne presse ! Elle est même « scandaleuse » tant elle bat en brèche et offense nos tentatives           successives d’organisation,  individuelles et sociétales. Elle pulvérise les progrès de        l’individuation et le contrôle du sujet sur son destin somatique et groupal. Séisme sensoriel, qui engage le sujet sa vie durant, l’expérience de la douleur    décontenance et fait voler en éclat les limites.

Car au-dessus d’un certain seuil la douleur perd son caractère de « signal » pour devenir un non-sens (inaccessible à la narration), une expérience sans âge (car renvoyant aux confins de l’être et aux premiers corps à corps), sans bienséance ni convenance culturelle, « obscène » en quelque sorte ? La douleur est alors tenue hors champ, frappée par le déni et la forclusion.

A l’instar du plaisir, la douleur serait-elle pourvoyeuse de désordre et de remise en cause des pratiques ? La dénonciation des douleurs est toujours l’objet d’une certaine militance, d’une subversion.  Douleurs physiques et morales des bébés, droit à la douleur du deuil, douleur de l’exclusion et du « traitement silencieux » de l’ostracisme, douleur morale du vieillir, souffrance au travail. Le chiasme de la douleur, carrefour complexe entre le corps et le psychisme, l’individu et le groupe, l’organique et l’esprit,    s’avèrerait-il être une voie royale d’exploration de l’intrication psyché-soma ? L’expérience du bébé et du partage précoce des affects avec les « donneurs de soin » est-elle un « bon » paradigme ? Sans validation intersubjective par la reconnaissance d’autrui, la douleur dégénère et confine le sujet douloureux à l’isolement, à l’apathie psychomotrice, à la détresse, à la violence et à la répétition. 

La douleur comme le plaisir sont profondément inscrit dans la tessiture des premiers liens. Cette requête de validation de la douleur et de ses risques, étayée par des arguments scientifiques d’essence pluri-disciplinaire, est un cap important auquel nous convie ce colloque ou interviennent neurologues, obstétriciens, pédiatres, pédopsychiatres, psychologues, psychanalystes, éthologues, et anthropologues.

Comprendre ces enjeux et intervenir dans la période précoce –préconisation que promeut la WAIMH F – devient un enjeu de santé publique, tant pour les praticiens de terrain – médecin généralistes, pédiatres, obstétriciens, psys.. , que pour l’organisation institutionnelle des soins, et reste un défi pour la recherche.

Campus Berges du Rhône 18 quai Claude Bernard, Lyon 7ème

Renseignements :  crppc@univ-lyon2.fr
www.waimh.fr